Cour
Les manufactures royales — Ispahan, Tabriz, Savonnerie — au dessin savant, courbe, signé.
Plateau central — Ispahan, Tabriz, Kashan
La grammaire que la plupart des sols parlent encore : medaillons courbes, motifs de jardin, une densite de noeuds qui rapproche la laine de la peinture.
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Villages et nomades — Konya, Milas, Kars
Geometrique, tribal, franchement graphique — des metiers de village ou le symbole comptait plus que la symetrie.
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Tissage de montagne — Shirvan, Kazak, Kouba
Couleurs saturees et medaillons anguleux, d'un carrefour d'empires — des pieces audacieuses pour des pieces audacieuses.
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Lignee steppique — Boukhara, Tekke, Ersari
Les rouges profonds et les guls repetitifs des bandes de tente et des tissages de dot — des tapis faits pour une vie en mouvement.
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Montagnes de l'Atlas — Beni Ourain, Boujad
Des symboles epars sur laine non teinte, tisses par des femmes amazighes comme un langage prive de protection et de lignee.
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Metiers d'altitude — Katmandou, Lhassa
Un poil epais file main et un noeud plus lent — des tapis faits pour les pieces froides et les longs hivers.
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Tapis de manufacture — Axminster, Aubusson, Donegal
Le noeud arrive a la cour : des tapis dessines pour les grandes maisons, rendus rares par la mode et le temps.
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Au-dela de la route de la soie
Le noeud a voyage partout ou le commerce est alle. Les pieces qui n'entrent pas dans une seule carte ont quand meme leur place ici.
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Nœuds & techniques
Un tapis noué se construit sur une chaîne tendue ; entre deux duites de trame, on noue le velours. Deux nœuds dominent le monde, et savoir les distinguer, c’est déjà lire un tapis.
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Matières & teintures
Un tapis est d’abord une matière. La laine fait le velours, le coton tient souvent la chaîne, la soie offre l’éclat. Et la couleur — avant l’aniline du XIXe siècle — venait des plantes et des insectes.
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Kilim & tissages plats
Le kilim n’est pas noué : il est tissé à plat, la trame couvrant la chaîne en tapisserie. Léger, réversible, il porte un répertoire géométrique d’une force rare — et un mot venu du persan gilīm.
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Atelier
Un tapis ne sort pas d’une machine. Il naît de gestes répétés des milliers de fois, dans un village dont vous ne connaîtrez peut-être jamais le nom — une femme, un métier, une bobine de laine filée à la main.
Découvrir l’atelier →Du nœud persan au tissage berbère, chaque tapis est une géographie nouée à la main — laine, soie, garance et indigo. Quelques centaines de pièces, choisies une à une.
On marche dessus sans y penser. Pourtant un tapis noué est l’un des objets les plus denses que l’homme ait fabriqués : des dizaines de milliers de nœuds par mètre carré, chacun posé à la main.
Le plus ancien tapis noué connu, le Pazyryk, fut retrouvé gelé dans un tombeau de l’Altaï et compte près de vingt-cinq siècles. Sa technique est déjà aboutie : le tapis n’est donc pas né là, mais bien avant, quelque part entre les troupeaux des steppes et les ateliers des villes. Depuis, la même grammaire se répète d’une rive à l’autre — une chaîne, une trame, un velours de nœuds, et un langage de motifs.
Les manufactures royales — Ispahan, Tabriz, Savonnerie — au dessin savant, courbe, signé.
Les ateliers urbains — Kachan, Kerman — régularité fine, cartons préparés à l’avance.
Le métier domestique, dessin de mémoire, charme des petites irrégularités.
Le tissage des tentes — Qashqai, Berbères, Turkmènes — laine brute, motifs tribaux.
Le tapis noué dessine une bande qui court du Maroc jusqu’à la Chine — la « route du tapis ». Chaque maillon a sa laine, son nœud, sa palette et sa main.

Maroc, Atlas, Sahara : le tapis berbère, laine épaisse, géométrie franche, fond ivoire.
Anatolie, Perse, Caucase : médaillons, mihrabs, jardins — l’âge d’or du dessin.
Turkménie, Afghanistan, Inde, Népal, Chine : le gül tribal, puis le symbolisme lettré.
Si l’Anatolie pense en angles, la Perse pense en courbes. C’est ici qu’au XVe siècle naît la « révolution du dessin » : le médaillon central, les arabesques, le jardin paradisiaque.
On classe les tapis persans par leur ville — Tabriz, Kachan, Ispahan, Qom de soie, Nain, Kerman, Heriz aux médaillons anguleux, Bidjar « le tapis de fer », Senneh d’où vient le nom du nœud asymétrique — et par leurs tribus : Qashqai, Bakhtiari, Afshar. Tous partagent le nœud persan, fin, qui autorise la courbe.
Médaillon classique, laine dense, dessin savant du nord-ouest.
Soie sur soie, finesse extrême, éclat changeant selon la lumière.
Médaillon géométrique, robuste, recherché pour les grandes pièces.
Tribu nomade du Fars : couleurs vives, médaillons en losange, laine grasse.
L’Anatolie est la patrie du nœud symétrique, dit « turc » ou Ghiordès. Il donne un velours solide, un dessin qui aime l’angle droit, et le plus célèbre des formats : le tapis de prière à mihrab.

Grands médaillons des XVIe-XVIIe s., admirés jusque dans la peinture européenne.
Manufacture impériale ottomane : soie très fine, sommet de la virtuosité.
Tapis villageois rouge et bleu profond, archaïques, très géométriques.
Berceau des plus anciens fragments seldjoukides, tons safran et garance.
Le kilim n’est pas noué : il est tissé à plat, la trame couvrant la chaîne en tapisserie. Léger, réversible, il porte un répertoire géométrique d’une force rare — et un mot venu du persan gilīm.

Tissage « à fente » : les couleurs se rencontrent par de petites fentes verticales.
Elibelinde (la déesse-mère), cornes de bélier, mihrabs : un alphabet de symboles.
Les plats les plus fins de Perse et du Caucase, presque des miniatures.
Sol, tenture, sacs de selle, couvertures : le textile total des nomades.
Entre mer Noire et Caspienne, le tapis caucasien est franc, anguleux, électrique : dragons stylisés, étoiles, médaillons crantés sur fond bleu nuit ou rouge sang. En Azerbaïdjan, l’art du tapis est affaire de femmes et de dot, transmis de mère en fille.

Grands motifs sur laine longue et brillante, rouges éclatants, géométrie héraldique.
Tissage fin et plat, semis de petits motifs, bordures en « tête de chien ».
École azerbaïdjanaise du nord-est : dragons, médaillons crochus, palette profonde.
Roses et bouquets « façon Europe », chaleur du sud du Caucase.
Le tapis turkmène se reconnaît à son champ rouge sombre et à une seule figure répétée : le gül, blason de tribu. Tekke, Yomut, Salor, Ersari — chacune a son gül.
L’Afghanistan a hérité de cette tradition par ses Turkmènes et Ouzbeks : le célèbre « Afghan » à fond rouge, et plus tard les motifs « pattes d’éléphant ». Herat, Kaboul, Mazar-i-Sharif en sont les marchés. Une laine grasse, des teintes de grenade et de noyer.
Le gül le plus régulier, à l’origine du « Boukhara » du commerce.
Grands güls, rouge brique, pont entre Turkménie et Afghanistan.
Motifs floraux et « cloud-band », influence persane sur fond turkmène.
Petits tapis de prière sombres, laine soyeuse, frontière irano-afghane.
Au Maghreb et au Sahara, les femmes amazighes nouent depuis des millénaires. Chaque tribu a son tissage : le Beni Ouarain ivoire à losanges noirs, le Boucherouite recyclé, l’Azilal coloré, le Boujaad rose passé.
Ici, le motif n’est pas décor mais signe : fécondité, protection, chemins de vie. La laine est haute, brute, souvent peu teinte — l’ivoire de la toison brute fait le fond, et le noir profond du losange dit le reste.
Moyen Atlas : fond crème, losanges noirs, laine épaisse et douce. L’icône moderne.
Haut Atlas central : fond clair, éclats de couleur libres, dessin spontané.
Tapis de chiffons recyclés : l’art pauvre devenu pièce de collection.
Nattes du Sahara en jonc et cuir, géométrie du désert, tradition saharienne.

Le tapis tibétain se noue autrement : autour d’une tige métallique, par un nœud bouclé propre au Toit du monde. La laine, le changpel, vient des moutons de haute altitude — grasse, résistante, lumineuse.
Avec l’exil tibétain, le savoir-faire a essaimé au Népal, où la vallée de Katmandou est devenue un grand centre de production. On y noue aussi bien le khaden traditionnel — petit tapis de siège — que les créations contemporaines en laine et soie qui habillent aujourd’hui les intérieurs du monde entier.
La laine des moutons d’altitude : longue fibre, forte teneur en lanoline.
Le petit tapis de siège, env. 90×150 cm, format domestique tibétain.
Le célèbre tapis-tigre tantrique, rayé, support de méditation.
Laine et soie, nœuds comptés, design contemporain pour l’export.
L’Inde moghole reçut le tapis de Perse et le porta à un naturalisme inouï : fleurs botaniques, animaux, le célèbre boteh. La Chine, elle, parle une autre langue — médaillons, nuages, dragons, sur des bleus de porcelaine et des ors doux.

Manufactures mogholes impériales : grand format, palette douce, dessin floral fluide.
Pendjab, fin XIXe : tapis d’export robustes, vers l’Europe et l’Amérique.
Style classique chinois : médaillon, écoinçons, symboles de longévité.
Le plus ancien centre chinois : laine douce, jaunes impériaux, dragons.
Séduite par les tapis « façon de Turquie », l’Europe se mit à les fabriquer. En France, Henri IV puis Louis XIII fondèrent les ateliers qui deviendront la Savonnerie — la plus prestigieuse manufacture de tapis noués d’Occident, monopole royal dès 1627.

Velours noué, dessins de cour pour Versailles et le Louvre. Sommet français.
Tapis tissés à plat, sans velours : guirlandes, médaillons « Empire », légèreté.
Angleterre, XVIIIe : tapis noués main inspirés de l’Orient, puis mécanisés.
La manufacture anglaise du velours bouclé, ancêtre du tapis tissé moderne.
Le monde du tapis
On croit le tapis venu seulement d’Orient. En vérité il s’est noué partout : dans les comtés anglais, les ateliers de Provence, les réserves navajos, les manufactures de Hong Kong. Comprendre sa vraie valeur, c’est entrer dans un monde vivant — celui des maisons, des mains et des provenances qui font d’un sol une œuvre.

Au XVIIIᵉ siècle, l’Angleterre noue à son tour : Robert Adam dessine pour les grandes demeures, Whitty fonde Axminster. À Killybegs, Donegal habille le château de Dublin, le pavillon de Brighton et la Maison-Blanche. Rareté et provenance font aujourd’hui leur prix.
Les tisserandes navajos produisent depuis plus de cent cinquante ans des tapis tissés à plat dont la finesse, dit-on, égale celle de n’importe quel textile fait main avant la machine. Pièces de collection, recherchées bien au-delà du Sud-Ouest américain.
Dans le Var, la Manufacture Cogolin perpétue depuis les années 1920 le tapis tissé sur métier à la main, sur mesure, pour les plus grands décors. Un art devenu rarissime : quelques ateliers au monde savent encore le faire.
Si tant de palaces, d’avions et de yachts foulent le même velours, c’est souvent celui de Tai Ping : tapis sur mesure fondés à Hong Kong en 1956, qui possèdent aujourd’hui Cogolin. Le luxe contemporain marche, sans le savoir, sur du fait main.
À Hereke, l’atelier impérial ottoman noue dès 1841 la soie rehaussée d’or et d’argent — offerte aux rois. En Inde moghole, le Cachemire atteint jusqu’à trois cents nœuds au centimètre carré. Ce sont là les sommets du savoir-faire.
Velours noué de la Savonnerie, propriété de la Couronne jusqu’en 1768 et plus grand présent diplomatique du royaume ; tapisserie d’Aubusson, inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité. L’Europe a, elle aussi, ses trésors tissés.
Un tapis n’est pas un décor. C’est une signature, une provenance, une main — la raison pour laquelle certains valent une voiture, et d’autres une vie.

Un tapis noué se construit sur une chaîne tendue ; entre deux duites de trame, on noue le velours. Deux nœuds dominent le monde, et savoir les distinguer, c’est déjà lire un tapis.
Dit « turc » ou Ghiordès : enroulé sur deux fils de chaîne. Solide, idéal pour la géométrie.
Dit « persan » ou Senneh : enroulé sur un fil, ouvert à gauche ou à droite. Permet la courbe fine.
La chaîne, fils verticaux tendus ; la trame, fils horizontaux qui bloquent les rangs de nœuds.
Comptée en nœuds/dm² ou KPSI : plus elle est haute, plus le dessin peut être fin.
Atelier
Un tapis ne sort pas d’une machine. Il naît de gestes répétés des milliers de fois, dans un village dont vous ne connaîtrez peut-être jamais le nom — une femme, un métier, une bobine de laine filée à la main.
C’est cette mémoire que l’on adopte en posant un vrai tapis chez soi : un fragment de culture vivante qui change une pièce du tout au tout.
Un tapis est d’abord une matière. La laine fait le velours, le coton tient souvent la chaîne, la soie offre l’éclat. Et la couleur — avant l’aniline du XIXe siècle — venait des plantes et des insectes.
La fibre reine : chaude, résistante, riche en lanoline qui la fait briller et durer.
Pour les pièces les plus fines : nœuds minuscules, reflets qui changent selon l’angle.
Racine qui donne tous les rouges, du brique au rose — la couleur reine de l’Orient.
La plante des bleus, du ciel à la nuit ; avec la garance, l’âme chromatique du tapis.
Notre regard s’appuie sur une bibliothèque. Voici les ouvrages et ressources qui fondent l’étude du tapis noué — à consulter chez l’éditeur, en bibliothèque ou au musée.
Tout se vérifie au revers. Un tapis noué main montre des nœuds légèrement irréguliers et un dessin lisible au dos ; le tufté ou l’imprimé, non. Voici nos repères.
Le dessin doit s’y lire nettement, nœud par nœud. Un dos enduit de latex trahit le tufté.
L’abrash — légères variations de teinte — signe les bains naturels et le travail à la main.
Elles prolongent la chaîne : elles font corps avec le tapis, jamais cousues après coup.
Région, école, âge, matière : chaque pièce TAP1S est cataloguée et documentée.
Sept reponses directes sur le noeud, la matiere et la maniere d’acquerir une piece.
Chaque tapis est référencé, mesuré, daté et photographié. Le catalogue ci-dessous est un aperçu : les photographies de stock arrivent, les fiches se complètent.




Vendu · Archive
Toutes nos pièces ne sont plus disponibles, mais elles racontent ce que nous aimons. Voici l’une d’elles, déjà partie chez son acquéreur.
Vous cherchez une pièce semblable ? Écrivez-nous — nous sourçons sur demande.
Pièces nomades
Tissés pour la transhumance, ces sacs portaient grains, sel et trousseaux à dos de chameau, de dromadaire ou d’âne. Mêmes nœuds, mêmes laines, mêmes motifs que les grands tapis — en format de voyage. Environ cinq pièces, chacune unique.
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À vendrePetite sacoche à motifs serrés, posée devant le cavalier sur le chameau. Une sacoche tribale soumak de Perse du nord-ouest est proposée à la boutique.
Voir la pièce →Derrière chaque nœud, il y a une vallée, un troupeau, une main et une patience. Nous cherchons, choisissons et documentons — pour que ces lieux continuent de se transmettre, sous vos pas.
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